Le 10 septembre 2026
Emilie VIN
(CIR du Département de Nagano 1992-1995)
Ma motivation première en postulant au Programme JET était d’améliorer mon niveau de japonais en vivant et en travaillant dans le pays. Découvrir le Japon était un rêve. Je ne connaissais le Japon qu’à travers les livres et les cours à la fac, et le Programme JET m’offrait cette chance extraordinaire de vivre dans le pays pendant un an et même trois ans si tout se passait bien. Après le Programme JET j’ai pris une année sabbatique pour, entre autres, voyager en Asie, avant de partir étudier une année en Chine. A mon retour en France j’ai été recrutée par l’Ambassade du Japon, au sein du Service culturel et d’information. Puis après près de quatre ans à l’Ambassade j’ai rejoint Tax Free World Association (TFWA), une association à but non lucratif qui représente les acteurs du commerce duty free et travel retail, où je travaille aujourd’hui en tant qu’assistante auprès de la Présidence et de la Direction générale.
Je crois que ce qui m’a le plus marqué à mon arrivée à Nagano était le manque d’harmonie architecturale. Une maison traditionnelle pouvait se retrouver coincée entre deux immeubles sans âme, avec des poteaux électriques tout le long de la rue qui venaient gâcher le paysage. C’est toujours le cas trente ans après.
Les Japonais sont disciplinés et respectent les règles. Personne ne traverse le passage piéton tant que le bonhomme n’est pas vert et fait la queue pour monter dans le bus ou le train. Ce ne sont pas des habitudes auxquelles nous sommes habitués à Paris !
La cohabitation entre les traditions et la vie moderne. Des femmes en kimono pouvaient se promener dans la rue sans que personne ne s’en étonne.
Je voyais le Japon comme un pays moderne à la pointe de la technologie et pourtant la plupart des habitations ne disposaient pas de chauffage central et étaient chauffées avec des poêles à pétrole. En hiver il m’arrivait de me réveiller le matin avec de la glace qui s’était formée sur les fenêtres à l’intérieur de mon appartement. Je positivais en me disant que le froid conserve.
Les distributeurs automatiques de boissons à chaque coin de rue : pas très esthétiques, mais tellement pratiques.
Echoppes de la ville étape de Narai-juku
© Emilie VIN
Non car j’y étais retournée en 2014. Mais à l’époque j’avais noté la modernisation de la gare. J’ai regretté qu’ils n’aient pas gardé la façade à l’image du temple Zenkoji qui donnait à la gare un certain cachet. Le quartier autour de la gare aussi a été réaménagé. Tout ceci a été réalisé avant 1998 je pense, afin d’accueillir au mieux les Jeux Olympiques d’hiver de 1998 qui se sont tenus à Nagano. Hormis ces quelques travaux de rénovation, je pense que la ville n’a pas fondamentalement changé.
Le Programme JET a sans conteste développé mon amour du Japon. Ce qui au départ n’était qu’un désir de mieux connaître un pays si différent de la France, s’est transformé en un attachement très fort. Mes trois années à Nagano ont été une expérience extrêmement enrichissante. J’y ai rencontré des personnes très généreuses qui m’ont aidée à m’acclimater à ma nouvelle vie et ont contribué à faire en sorte que je considère Nagano comme mon furusato.
Travailler dans un environnement japonais m’a certainement appris la patience et développé ma capacité à m’adapter à toute situation.
On peut trouver sur internet ou à l’office du tourisme toutes les informations relatives aux sites incontournables à visiter, aussi je m’abstiendrais de conseils à ce sujet aux touristes. En revanche je leur recommanderais d’expérimenter des activités culturelles, telles que le mizuhiki (création de motifs ou formes en cordelettes de papier washi), la fabrication du washi, ou de participer à des ateliers de cuisine, fabrication de nouilles soba ou de oyaki qui sont des spécialités de Nagano ; essayer de faire coïncider leur séjour avec des festivals se déroulant dans le département. A ce sujet, l’année prochaine la ville de Nagano accueillera le festival Gokaicho, un événement qui n’a lieu que tous les sept ans ! D’avril à juin le temple Zenkoji exposera au public une réplique de la toute première statue du Bouddha Amida. Nagano offre également de nombreux choix de randonnées. Tout amoureux de la nature y trouvera son bonheur. Et bien sûr goûter aux spécialités culinaires.
Affiche du festival Gokaicho 2027
© Emilie VIN
Artisanat mizuhiki
© Emilie VIN
Artisanat mizuhiki
© Emilie VIN
Pour ce qui est des recommandations aux futurs candidats au Programme JET, je leur dirais de partir sans a priori mais avec un esprit ouvert, de ne pas essayer de vouloir tout révolutionner mais de faire preuve de patience ; profiter de leur séjour pour s’immerger dans la vie et la culture japonaise autant que possible, en pratiquant une activité sportive ou artistique (pour moi cela a été le koto) ; échanger avec la population, et visiter leur région et le reste du Japon car une fois rentré en France ce sera plus difficile. Que ce soit un an ou trois ans, le temps passe vite.